DevDays 2005 : Le bal des cocus

30 mars 2005 par Alexis KARTMANN

Dans “l’écosystème” de Microsoft, il existe les ISV (indépendant software vendor). C’est à dire les éditeurs de logiciel s’intégrant avec ou dans les produits Microsoft. Microsoft, conscient de l’importance de ces éditeurs leurs propose des programmes les mettant en avant, dans sa communication institutionnelle et lors de manifestations.

Malheureusement, non content d’être très agressif envers ses concurrents, Microsoft n’hésite pas à intégrer les innovations de ses partenaires dans ses propres produits. Non pas en les achetant, mais en les faisant redévelopper par ses propres développeurs. Ce phénomène n’est pas nouveaux, mais aux DevDays c’était surréaliste. Quelques exemples :

Borland

Je passerai sur l’inspiration évidente de Delphi qu’on retrouve dans les Winforms, naturelle quand on sait que Microsoft a débauché l’un des créateurs de Delphi. La nouveauté c’est que Visual Studio 2005 proposera du round-trip entre des modèles UML et le code source. Comme Together, produit de Borland, partenaire des DevDays. Le plus drôle c’était le passage où on montre l’utilisation de Delphi.Net pour compiler du code Delphi Win32. Car après l’obtention d’un Assembly, on l’intègre avec Visual Studio pour utiliser les libraries en C#. En gros le message de Microsoft c’est “utilisez Delphi.Net pour migrer votre base de code Delphi, puis portez votre code en C#” (étonnant, non ?). Sans compter que Team System concurrence directement StarTeam.

Compuware

Déjà qu’avec le code managé on n’avait plus vraiment besoin de BoundChecker (merci le garbage collector), avec l’intégration dans Visual Studio 2005 d’un profiler, d’une analyse de la couverture des test, d’une validation statique du code et de la vérification de norme de codage on ne voit plus l’intérêt d’utiliser DevPartner. Pourtant Compuware était aussi présent aux DevDays. Sans doute parce qu’il y a encore des développeurs C++ et VB6 !

Les absents

Visual Studio 2005 ajoute des fonctions de refactoring. Dommage pour Xtreme Simplicity et Jet Brains.

Je ne parle pas des outils Open-source rendu obsolète par l’intégration de leurs fonctionnalité dans Visual Studio 2005 (NUnit, NAnt…).

En conclusion

Il vaut mieux être client de Microsoft que partenaire ! Car avec la course à l’intégration que Microsoft mène, chaque fois qu’un tiers ajoute une extension intéressante à un produit Microsoft, il y a de forte chance qu’on la retrouve en standard dans la version suivante.


Microsoft .Net et l’open source

29 mars 2005 par Alexis KARTMANN

J’avais parlé de la conférence .Net et l’open source qui a eu lieu aujourd’hui.

Tout d’abord le titre est devenu “.Net, son approche Communautaire et l’open source”. Un peu moins dérangeant pour Microsoft sans doute

Dans le même ordre d’idée, la conférence n’était pas réalisé par quelqu’un de Microsoft, mais par Grégory Renard dit Rédo, MVP, c’est à dire très impliqué dans la communauté des développeurs sous plateforme Microsoft, mais extérieur à Microsoft.

Du coup les idées exprimés ne sont pas celle de Microsoft, mais celle d’un développeur. Du coup on évite une certaine langue de bois.

D’autant que Rédo est un sacré Geek. C’est la première fois que j’entends quelqu’un expliquer qu’il faut lire le code de .Net pour mieux programmer en C#. Dommage que cela ne soit accessible que par le programme Shared Source, dont tout le monde ne peut pas bénéficier. J’exagère, en fait Rédo a plutôt une approche inversé du FrameWork .Net, il conseille de partir de la CLI, plutôt que d’un langage. En gros j’ai retrouvé la thèse qu’il faut connaître un minimum l’assembleur ou du moins l’architecture des processeur avant de programmer en C.

A part ça qu’ai-je appris ?

Eh bien, et malgré tout le talent et le bagout de Rédo, pas grand chose. Simplement parce que je commence je consulte régulièrement les sites communautaire, tout simplement.

Néanmoins voici un condensé de la présentation :

  • La CLI et C# sont standardisés auprès de l’ECMA, ils n’appartiennent pas à Microsoft.
  • Mono est la preuve qu’il peut exister un portage Open-source sous Linux de .Net (enfin de la CLI et C#).
  • Il y a plein de projets open-source développé en .Net
  • Une dizaines de projets sont même réalisé par des salariés de Microsoft
  • De plus en plus de responsables de Microsoft sont favorable à l’ouverture du code des couches basses.
  • Il y a une communauté autour de .Net, même en France.

Comme dirait Ludovic, Microsoft pourrait se transformer en entreprise open source de première génération (ouverture du code source des couches basses), mais pas de deuxième génération (ouverture du code des applications). Et encore c’est au conditionnel, parce que pour le moment c’est très léger par rapport à ce qu’à fait IBM, par exemple (à quand Visual Studio en Open-source, pour concurrencer Eclipse ?).

En conclusion Microsoft a bien conscience que l’Open-source est un phénomène à prendre en compte, mais pour le moment sa réaction est bien timide.


Microsoft DevDays 2005, images et anecdotes.

24 mars 2005 par Alexis KARTMANN

De retour des DevDays 2005 à Paris, et plutôt que de faire un seul long billet, j’ai décidé d’en faire plusieurs.

Je ne résiste pas à l’envie de commencer par les splendides (?) photos réalisées par Richard qu’il a eu la gentillesse de me donner, ainsi qu’une impression générale sur l’événement.

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Google débauche chez Microsoft

4 mars 2005 par Alexis KARTMANN

Marc Lucovsky, l’un des architectes de Windows vient de quitter Microsoft pour rejoindre Google. Si le développement d’un système d’exploitation semble improbable, le développement de service applicatif devient de plus en plus une priorité de Google.

Pour le moments les plans de Google restent flou, surtout quand à leur stratégie vis à vis des entreprises, mais les grandes manoeuvres ont visiblement commencés dans la course au monopole des applications web…

Ce n’est pas le seul ingénieur à quitter Microsoft, puisque Pat Helland, architecte rejoint Amazon.

Jusqu’ici les vétérans de Microsoft démissionnaient pour prendre leur retraite ou créer leur entreprise, doit-on y voir un signe des temps ?


Microsoft gagne en appel contre Eolas

3 mars 2005 par Alexis KARTMANN

Selon Betanews, Microsoft aurait gagné en appel contre Eolas.

Pour ceux qui aurait manqué un épisode, Eolas a déposé un brevet sur le principe d’utilisation des plugins sur Internet. Ce brevet est remis en cause et est en cours d’annulation. Eolas avait gagné un procès contre Microsoft, obtenant plus de 500 M€ pour violation du brevet dans Internet Explorer. Microsoft a fait appel, et finalement a obtenu gain de cause.

C’est globalement une bonne nouvelle pour les Webmasters, qui n’auront donc pas à modifier toutes leurs pages intégrant des plugins..

Cette affaire a souvent été utilisé comme argument contre les brevets logiciels. Sa conclusion, ainsi que l’annulation probable de ce brevet en diminue un peu la porté (puisque le système a “bien” fonctionné, un brevet abusif n’ayant pas pu être utilisé). Évidement si l’accusé n’avait pas eu les moyens de Microsoft, le résultat n’aurait peut être pas été le même, un procès étant un bon moyen de tuer une PME (comprend qui peut…).

MAJ : Il semble que l’affaire soit plus compliquée, en fait le premier jugement a été annulé (ce qui revient au même), par contre il pourrait y avoir un deuxième procès.


Microsoft réinvesti sur MapPoint.

28 février 2005 par Alexis KARTMANN

C’est sans doute la sortie de Google Maps qui a déclenché cela, mais Microsoft lance une vague d’embauche sur MapPoint.

Évidement la plupart des embauches se font à Redmond. A noter quelques postes à Lebanon, c’est à dire dans les locaux de Vicinity/MapBlast, racheté par Microsoft en décembre 2002. A mon avis il y avait une clause de lock-up de 2 ans et certains développeurs sont partis en décembre dernier.

Tout cela confirme quand même la stratégie de suiveur de Microsoft, qui lance un produit lorsqu’il y a un marché, arrête son développement si le marché s’essouffle, le relance si un concurrent arrive, etc. Encore un argument en faveur de la thèse de John Dvorak selon laquelle le marketing de Microsoft est nul.


Conférence sur l’open-source par… Microsoft !

19 février 2005 par Alexis KARTMANN

Microsoft organise une conférence sur .Net et son approche open source, le 29 mars à Paris et le 3 mai à Lille.

Je m’y suis inscrit, et je suis curieux de savoir ce qui va s’y dire…


MCP 070-316 : 940/1000

15 février 2005 par Alexis KARTMANN

Et voici la derniere certification de MCAD.Net : Developpement Windows en C#.

L’examen existe en français. J’ai donc bien fait de le preparer avec ce livre :

Développer des application Windows

La préparation conjointe des deux examens 70-316 et 70-320, puisque je les ai passés le même jour, était facilité par le fait que certaines parties sont communes aux deux examens. C’est par contre un plus difficile nerveusement (ça m’a rappelé le bac, ou plutôt les concours…). A essayer pour l’adrenaline.


MCP 070-320 : 904/1000

15 février 2005 par Alexis KARTMANN

En route pour la certif MCAD !!!

J’ai donc passé la certification développement services Web XML et composants serveur avec C#.

Globalement j’ai trouvé l’examem plus difficile que le developpement Web, essentiellement parce certains concepts sont propres à .Net, notamment la securité et COM+. En comparaison ASP.Net recycle beaucoup plus de concepts utilisés ailleurs.

Petit détail, j’avais demandé à passer l’examen en français et finalement je l’ai passé en anglais, visiblement parce que la version française n’existe pas. J’avais droit à plus de temps, mais c’est vrai que du coup je n’avais pas de dictionnaire anglais alors que c’est normallement autorisé. Pour moi l’anglais ce n’était pas un problème mais il vaut mieux le savoir.

Le plus amusant c’est que j’avais acheté le livre en français :

Développer des services Web XML et des Composants serveur


Microsoft se tire-t-il dans le pied ?

13 février 2005 par Alexis KARTMANN

C’était mieux avant ?

A une époque, quand on comparait les produits Microsoft et ceux des concurrents (VB contre Delphi, Excel contre Lotus, etc), on disait que les produits Microsoft était plus facile à utiliser au départ que les produits concurrents, alors que par la suite les fonctions avancés étaient plus difficiles que celles des concurrents. Globalement la courbe d’apprentissage était au départ favorable à Microsoft et sur le long terme au concurrents. C’est sans doute encore le cas quand on compare Windows et Linux, par exemple. Évidement ce choix n’est sûrement pas innocent, cela favorise l’adoption des produits par les débutants, tout en permettant l’émergence d’une communauté d’experts professionnel ayant intérêt à promouvoir les technologies Microsoft.

Comme il n’est pas toujours possible de totalement couvrir un marché avec cette approche d’un produit simple à mettre en oeuvre pour des fonctions simple mais d’une complexité extrême dans les fonctions avancés, Microsoft a développé une stratégie à deux coups : un produit bas de gamme mais simple d’approche et un produit puissant pour les experts.

C’est ainsi que l’on avait Windows 95, 98, Me d’un coté et Windows NT puis 2000 de l’autre. De même Works et Office pour la bureautique. Visual Basic pour des développement rapide et Visual C++ pour les développements complexes. On peut aussi citer Outlook Express et Outlook, ainsi que Access et SQL serveur.

Convergence

Avec le temps les produits bas de gamme ont monté en gamme et en complexité. Il était évidement que la question de la convergence allait se poser. Il semble que Microsoft soit tellement sûr de maîtriser le marché du logiciel que de maintenir deux produits par marché n’est plus justifié. Voici donc le temps de la convergence, un seul produit par marché.

C’est pourquoi il n’y a plus que Windows XP au lieu de Windows Me et Windows 2000, au risque d’avoir un grand nombre de logiciel anciens ne fonctionnant pas. Saviez vous qu’une des cause de l’instabilité de la famille 9x (95, 98, Me) était le fait qu’un certains nombre de bugs n’ont jamais été corrigés car ces bugs était exploité par des logiciels populaire.

De même Il n’y a plus vraiment de différence entre VB.Net, VC++.Net et C#.Net et il n’y a plus qu’un outil de développement d’ailleurs (Visual Studio.Net)

Works contient Word comme traitement de texte, une version limité de SQLServer (MSDE) est utilisable avec Access.

DotNet

Parmi toutes ces décisions, je crois que le passage à .Net comme plateforme de développement est celle qui présente le plus de risque. En effet pour que cette plateforme incompatible avec les précédentes soient accepté, Microsoft n’a pas ménagé sa peine. D’abord avec la qualité intrinsèque de la plateforme, qui est à mon avis l’une des plus puissantes, des plus complète et des plus élégantes qui soit. De plus en matière de standard Microsoft a fait beaucoup d’efforts, en utilisant les standards existants (XML, SOAP), et en proposant une bonne partie du framework à des organismes de standardisation. Ensuite Microsoft a beaucoup investi (communication, fourniture d’exemple en open source) pour que ses clients migrent de VB vers .Net.

Standard, standards

Le problème pour Microsoft est que .Net, grâce à sa standardisation, se trouve maintenant porté vers d’autre plateformes que Windows. Mono permet aujourd’hui d’exécuter une application ASP.Net sous Linux, et bientôt ce sera la même chose pour les WinForms. De plus la compatibilité ascendante a bien été sacrifié afin d’obtenir une technologie de rupture.

En poussant .Net, Microsoft prend le risque de perdre ces clients, soit parce qu’entre migrer vers .Net ou d’autres plateformes ils pourraient préférer d’autres plateformes, soit parce qu’une fois migrés sur .Net ils pourraient quitter Windows grâce à Mono.

Tuer la poule au oeufs d’or

Beaucoup de décisions sont prises à Redmont avec comme seul objectif de conserver la prédominance de Windows. C’est sans doute pourquoi le développement d’Internet Explorer a été arrêté, pour que le navigateur ne devienne pas le client riche.

Afin d’occuper ses développeurs, et faute d’éditeurs tiers ayant sa force de frappe, Microsoft a d’une certaine façon décidé de devenir son propre concurrent, en proposant des produits plus puissants pour conserver l’attrait de Windows comme plateforme. Mais en vertu du principe de convergence, Microsoft impose des migrations coûteuses à ces clients.

Avec le développement de l’accès internet haut débit chez ses clients, l’obligation de réaliser des migrations coûteuses pour bénéficier des ses nouveaux produits, et l’apparition de services internet de plus en plus puissant, tout est en place pour le déclin de Windows.

Et avec .Net, Microsoft vient de se tirer dans le pied. Et il n’est pas impossible que Longhorn soit un autre coup dans le pied, avec l’abandon de l’api Win32.

Il n’est pas choquant qu’un éditeur force un peu la main de ces clients. A cet égard le passage à MacOs X n’a pas été facile pour les clients d’Apple. Mais comme Apple était plutôt en phase d’acquisition de client à cette époque (ou plutôt de ré-acquisition), ce sont les nouveaux clients qui ont adopté MacOs X, et quand la base installée a été suffisante, tous les éditeurs ont suivi, rendant MacOs X attractif pour les clients existants.

Malheureusement pour Microsoft, le marché du PC n’est de moins en moins un marché d’équipement, mais plutôt de renouvellement. Pour maintenir ses marge, il faut qu’il vende plutôt des mises à jour que des nouvelles licence. C’est d’ailleurs une des raisons de sa nouvelle offre d’abonnement aux mises à jours qu’il propose depuis peu. Ce que Microsoft n’avait pas prévu, c’est l’apparition d’une offre libre concurrentielle. Et le modèle économique de Microsoft ne peut pas fonctionner face à un logiciel gratuit.

L’ironie est qu’une partie du financement des projets open-source provient d’IBM et de Novell. Deux entreprises autrefois victime de la concurrence de Microsoft.

Et après ?

Je n’irai pas jusqu’à prévoir la fin de Microsoft, parce que le mouvement naturel qu’il va faire sera de concurrencer les applications webs existantes au travers de MSN. La nouvelle version de MSN search est la preuve que Microsoft peut se hisser au niveau des standards dans ce domaine. Non, même si Windows ne sera peut-être plus la vache à lait de Microsoft, Microsoft est loin d’être mort.