La fin des licences logicielles ?

Voici un article dans IT Manager’s Journal qui va plaire à Ludovic : Is the enterprise software licensing business dying?.

L’auteur explique les revenus de Siebel s’effondrent, et que ce n’est pas un cas isolé chez les éditeurs de logiciel propriétaires.

Les causes en sont la concurrence des solutions ASP (Salesforce en l’occurrence fait beaucoup de mal à Siebel), la possibilité avec l’offshore de développer sa propre solution à moindre coût, et bien sur l’open source (SugarCRM et CentricCRM).

Ceci ne signifie pas que le logiciel en tant que tel va disparaître, mais que de nouveaux modèles de revenus doivent être inventés. Le boom internet n’a pas permit l’émergence de nouveaux éditeurs importants (Netscape est mort), mais plutôt des sociétés comme eBay et Google qui sont utilisateurs de logiciel mais fournissent à leurs utilisateurs un service.

L’auteur conclu en disant que les éditeurs traditionnels peuvent encore apporter quelque chose mais qu’ils doivent faire évoluer leur modèle de revenue.

Il faut quand même noter qu’il existe encore des éditeurs rentables, voire très rentable. Et je ne parle pas que de Microsoft. En fait il semble que le marché du logiciel propriétaire est par essence monopolistique, car le coût de changement du logiciel (et notamment la migration des données) rend souvent le client prisonnier de son fournisseur.

Certains logiciels n’ont pas d’alternative Open-source ou ne peuvent pas être offert en mode ASP. Leur éditeurs ont donc encore de beau jour devant eux. Mais même sur ces marché de niche il y a souvent un quasi monopole, ou du moins un leader qui draine la plupart des revenus.

J’avait fait cette analyse il y quelques années, quand j’ai quitté le monde de l’édition du logiciel traditionnel pour aller vers les services en ligne. Mon diagnostic venait plutôt du fait qu’aucun investisseur ne voulait investir chez un éditeur, de peur d’être balayé par Microsoft si le marché se révélait porteur. Et aujourd’hui j’ai l’impression que les fournisseur de services en ligne commencent à se concentrer et que Google étant en train de devenir le Microsoft du Web, il sera de plus en plus difficile d’entrer sur ce marché. Il reste quand même quelques places à prendre, Skype et Flickr en sont de bons exemples.

A l’inverse le monde du logiciel open-source reste ouvert, même si certains acteurs commence à grossir. Cependant on ne voit pas encore de monopole se dessiner. J’ai de plus en plus le sentiment que c’est dans ce domaine que les choses vont se passer dans les années à venir. Mais il reste vraiment à inventer ou affiner les modèles économiques.

4 commentaires pour “La fin des licences logicielles ?”

  1. LudoBlog dit :


    La licence logicielle contre l’hyper distribution
    Les modèles business du logiciel libre et “on-demand” d’affinent, les offres se deploient. De plus en plus de code est libre.. de plus en plus de services sont gratuits ou pas chers et utilisables en quelques minutes pas Internet. Rien…

  2. Alexis KARTMANN dit :

    Réponse à Ludo :

    Mais je n’ai jamais dit que je m’inquiétais pour Microsoft !

    “Finalement les clients aussi sont frileux aux changements” : N’est-ce pas la raison principale ? Quand on écoute le discours du SIGREF on peut se le demander.

    Et bien évidement les éditeurs actuels peuvent migrer vers l’ASP ou le on-demand, souvent plus rentable que le modèle classique. Par contre pour l’ouverture du code, ça me parait difficile car c’est la fin de fameux “lock-in” qui garanti les revenus récurrents liées aux clients captifs.

    Mais comme tu le dit, aucun acteur du libre n’a encore atteint la masse critique, alors que les acteurs du services Internet comme Yahoo et Google l’ont déjà fait. Cela laisse quand même à réfléchir sur la viabilité du modèle libre pour construire de grosse entreprise. Evidement pour les PME c’est autre chose et le logiciel libre est une bonne solution. D’ailleurs je me demande si contrairement au logiciel propriétaire l’open-source n’est pas par nature anti-monopolistique, voire même interdit l’émergence d’un leader (cf la situation des distributions linux). Ce qui est évidement intéressant pour les clients, mais beaucoup moins pour les fournisseurs.

  3. Jacques Froissant dit :

    Précision : même SalesForce semble avoir du mal à trouver un second souffle !

  4. Alexis KARTMANN dit :

    Cela n’est pas évident quand on regarde leurs résultats. Je connais beaucoup d’entreprise qui reverai d’avoir les mêmes !

    D’autres informations ?

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