Que manque-t-il a la France pour créer des vrais startups innovantes ?

Puisque j’ai un peu inspiré les billet de Ludo et Phillipe en leur signalant cet article du monde, je me sens un peu obligé d’apporter mon éclairage.

Je trouve frappant qu’il y ait si peu d’éditeurs européens de taille conséquente.

Un élément d’explication (que j’ai vérifié chez les nombreux petits éditeurs que je connais), c’est le fait que la diversité des cultures et des langues en Europe rend difficile la création d’un logiciel adapté au marché européen global. A l’inverse un éditeur américain peut dans un premier temps sortir une version uniquement américaine d’un logiciel, puis le localiser lorsqu’il est rentabilité par les ventes nationales. Certains produits sont même vendu hors US sans être adapté (l’anglais devenant une langue universelle), la localisation n’est donc nécessaire que pour augmenter les marges.

En Europe certains marchés sont fermés si un logiciel n’est pas localisé. Un éditeur européen peut soit décider de rester au départ sur son territoire national, mais alors la localisation peut devenir difficile lorsque le logiciel n’est pas prévue pour cela au départ. Une autre solution est de sortir un produit localisé pour tous les pays d’Europe, mais la maintenance de 20 langues au moins n’est pas négligeable pour une petite entreprise.

Dans tous les cas l’investissement pour pouvoir toucher le même volume de marché en Europe qu’aux USA est donc plus coûteux (même si le coût du travail est plus faible). La conséquence en est la prolifération de petit éditeurs nationaux, s’accrochant à des marché de niche, faisant peu de bénéfice et ne pouvant pas pas ou peu investir dans le développement de nouveau produit. Ce n’est pas pour rien que beaucoup de créateurs européens sont partis aux USA.

Comme le dit Ludovic, l’open-source peut ici être un élément de solution. Il suffit au développeur de se concentrer une version anglaise, la localisation étant faite par des contributeurs. Mais la faiblesse de l’open-source par rapport au modèle propriétaire (du point de vu de l’éditeur), c’est l’absence de cet effet de levier permettant des marges importantes une fois que le développement est rentabilisé, mécanisme qui permet à Microsoft et d’autre d’investir dans le développement de nouveaux produits.

Alors que manque-t-il à la France ? Une langue unique en Europe ;-)

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